Parcours remarquable d’une femme qui a su rebondir

C4, chômage…Merci patron, une nouvelle vie commence !

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Au sortir de mes études secondaires, très intéressée par l’art et le graphisme en général, je décroche mon diplôme d’architecte d’intérieur. Je travaille chez un architecte mais rapidement et suite à certaines opportunités, je bifurque vers le commercial. Ce parcours professionnel m’apporte des moments intéressants, drôles et enrichissants mais aussi chaotiques : faillites, restructurations, déménagements.

Aussi, lorsque je suis engagée dans une grande multinationale, je ne me doute pas un seul instant que je vais bientôt vivre le pire moment professionnel de mon existence. Je m’investis totalement dans mon rôle de gérante et responsable d’un nouveau show-room dans un quartier très huppé de la capitale. Pour des raisons purement économiques, ce dernier est déménagé dans une filiale sœur, au fin fond d’un zoning industriel. Plus de passage de clients, plus de visites d’architectes… Je redeviens une simple employée sous la coupe d’une chef de service jeune et ambitieuse. Petit à petit, et insidieusement, je suis reléguée aux travaux de classements, aux offres sans intérêt et standard…Le tout toujours dans la bonne humeur et la gentillesse. De caractère conciliant, je ne remarque absolument pas ces agissements sournois dans le but certain de me faire quitter la société volontairement. A bout de patience et ne voyant pas ma démission arriver, le management me remercie. Je dois partir sur le champ, ramasser quelques affaires personnelles et fuir comme une voleuse. Je me retrouve en larmes, désolée de ne pouvoir dire adieu à mes collègues. A 40 ans passés, je pointe au chômage et suis complètement dégoûtée du secteur commercial. Le monde s’effondre et une année se passe en cauchemars divers et perte de confiance totale en moi.

Après une analyse rationnelle de ma situation professionnelle et une remise en question de mes objectifs perdus de jeune fille, j’entame de nouvelles études, plus conformes à un besoin jusque-là étouffé : vouloir être utile dans une société plus équitable. Au terme de quelques années de formations et un mémoire joliment ficelé, j’obtiens mon diplôme, prête à jouer un rôle actif dans le domaine social ou culturel, soit comme responsable d’un projet de réinsertion sociale (alphabétisation, jeunes délinquants, émancipation de la femme…), soit comme actrice de changement dans un monde aux lendemains meilleurs.

Il arrive parfois que des personnes rient en sourdine au vu de mon statut d’étudiante à mon âge. Elles restent dubitatives face au courage d’entamer des études à la maturité. Ma mère et mes grands enfants sont fiers de moi et me soutiennent contre vents et marées. Ces derniers me prodiguent d’ailleurs leurs conseils de jeunes diplômés pour lutter contre mes difficultés à pouvoir bien me concentrer à nouveau, à faire des recherches avec des outils trop modernes, à retenir et à comprendre des notions d’économie et de sociologie nouvelles pour moi, à gérer mon temps face aux obligations diverses… Et enfin, à réussir !

Diplôme en poche, ma nouvelle vie professionnelle débute comme bénévole en alphabétisation. Des ateliers de communication se mettent en place pour aider les apprenants à surmonter leurs difficultés en langue française tout en leur apportant, de manière ludique, des outils nécessaires afin de combattre les appréhensions diverses : apprendre à gérer ses émotions, à être et rester à l’écoute de l’autre, à faire face à l’agressivité et à la rudesse, à se mettre dans la peau de différents personnages, à créer des univers… En bref, reprendre confiance en soi et oser s’exprimer, que ce soit en privé ou en public.

Mon implication dans ces différents ateliers d’associations alpha et ISP me confortent dans ma volonté de persévérer dans cette voie et dans mon objectif de participer à la découverte par les participants des innombrables facettes de la communication, des comportements et du développement personnel. Après plusieurs formations complémentaires, je suis embauchée comme formatrice en communication aussi bien dans le non-marchand que dans le marchand. Je peux même me permettre de former bénévolement de futurs entrepreneurs en participant à leur apprentissage d’une bonne gestion du temps, à prendre la parole en public, etc.

Je remercie encore mon patron de m’avoir licenciée car grâce à lui j’ai pu trouver le courage de me réinvestir dans de nouvelles études. Ma vie a pris un tournant inattendu mais qui me convient parfaitement et m’apporte énormément de satisfactions diverses.

Fébronie Tsassis

Vous pouvez retrouver Fébronie sur timeplazza: http://timeplazza.com/fr/be/pro/febronie-tsassis

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